Illustration de la mobilisation lycéenne à Lille : poings levés et pancartes jaunes, avec un mégaphone sur fond noir.

 “Je ne pensais pas aller en garde à vue”, mobilisation lycéenne et répression policière à Lille

À Lille, les lycéens mobilisés dénoncent le manque de moyens et les classes surchargées. Face à leurs revendications, gaz lacrymogènes et interpellations se multiplient, sans entamer leur détermination. Des élèves témoignent.

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À en croire le discours médiatique dominant, les lycéens mobilisés seraient surtout des casseurs venus chercher les affrontements avec la police. De quoi passer sous silence leurs revendications et justifier la violence des forces de l’ordre et la répression.

78 %

du temps d’antenne consacré aux violences et aux dégâts matériels dans les sujets des JT de France 2 sur la mobilisation, selon Acrimed.*

Des classes surchargées et un manque de moyens

Sur le terrain, le constat est totalement différent. Devant le lycée international Montebello, un lycéen rencontré explique les raisons de la mobilisation :

Ça fait plusieurs jours qu’on manifeste et qu’on bloque parce qu’il y a un manque clair de moyens dans l’Éducation nationale. On a des classes surchargées à plus de 36, 37, des lycées qui n’ont pas d’infirmières, pas de psychologues scolaires…

Un lycéen rencontré devant le lycée international Montebello

« On est aussi là pour soutenir nos camarades d’Île-de-France et du lycée Baggio qui subissent une répression policière de dingue », poursuit-il alors que les forces de l’ordre enchaînent les tirs de gaz lacrymogènes pour disperser la foule, composée pour l’immense majorité de mineurs.

Ces derniers bloquent le boulevard Montebello pour se faire entendre, faute de réponse apportée par le gouvernement à leur demande d’accéder à de meilleures conditions pour étudier.

À Lille, des dizaines de mineurs interpellés

La réponse, elle est surtout policière. Des dizaines de mineurs ont été interpellés sur les différents points de blocage, depuis le début de semaine, à Baggio, Faidherbe, Montebello ou encore Pasteur.

« Je ne pensais pas que ça allait aller jusqu’à la garde à vue (…). Il y a beaucoup d’incompréhension, je savais que je n’avais rien fait de grave. J’ai été interpellé pour un outrage à agent. Je disais des slogans anti-police, certes, mais je n’ai visé personne », témoigne un jeune lycéen de 15 ans qui a passé une nuit en garde à vue.

« Je me doutais qu’ils avaient pris quelqu’un au pif, et puisque j’étais souvent sur les poubelles avec le mégaphone, il m’avaient pris pour ça », raconte celui qui a finalement été condamné à un stage de citoyenneté d’un jour.

Les lycéens annoncent la poursuite du mouvement

Mais la répression n’a pas entamé la détermination des lycéens. Plusieurs établissements ont fermé leurs portes à la suite de leur mobilisation. Puis, une manifestation interlycées à laquelle se sont jointes les facultés de Lille a réuni plus d’un millier de personnes ce jeudi.

Après une semaine de blocage, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a (enfin) rencontré les organisations lycéennes — Union syndicale lycéenne, Renouveau lycéen et Les Lycéens ! — mais sans répondre à leurs attentes.

Dès la sortie du rendez-vous, elles ont annoncé la poursuite du mouvement. Une journée nationale de mobilisation est d’ores et déjà prévue mardi 6 octobre.


* Source : Acrimed, Observatoire des médias. Analyse des JT de France 2 de 13 h et de 20 h, sur la période du 28 septembre au 1er octobre.

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