Près de deux ans. C’est le délai moyen pour accéder à un logement social dans la Métropole européenne de Lille (MEL). Cela s’explique notamment par le retard pris par la MEL sur ses objectifs de construction. Elle devrait construire 850 logements sociaux de plus par an.
Face à ce constat, les conseillers communautaires ont pris une décision ce vendredi : autoriser les bailleurs à augmenter les loyers de futurs appartements.
Des plafonds de loyers relevés jusqu’à 15 %
Une mesure censée encourager la production de logements, mais qui impactera directement les futur·es habitant·es. Concrètement, les plafonds pourront augmenter jusqu’à 12 % pour les PLAI, destinés aux personnes en situation de grande précarité, et jusqu’à 15 % pour les PLUS, les logements sociaux classiques.
46 €
de plus par mois pour un appartement de 67 m², selon l’exemple présenté.
Cette hausse représenterait 24 000 euros de financement supplémentaire pour le bailleur. À noter : les APL couvriront 100 % des loyers pour les T1 et les T2.
Faire financer la construction par les locataires
Nous regrettons le choix de faire reposer financièrement leur construction sur les locataires, au risque de réduire l’accessibilité au logement des ménages les plus modestes.
Faustine Balmelle — élue du groupe Métropole Écologiste, Citoyenne et solidaire
Son groupe s’est abstenu sur cette délibération. La MEL assure qu’elle conditionnera ces hausses de loyers, mais les obligations pour les bailleurs — meilleure performance énergétique, meilleure qualité du logement, charges mieux maîtrisées… — restent floues.
D’autres leviers pour construire des logements sociaux
Pour se justifier, l’institution invoque notamment la baisse des aides de l’État aux bailleurs sociaux et la hausse des coûts de construction.
Pourtant, d’autres collectivités optent pour d’autres options : acheter des terrains pour empêcher la spéculation, subventionner directement les bailleurs, acheter des logements pour les transformer en logements sociaux ou encore imposer davantage de logements très sociaux (PLAI) dans les nouveaux projets de construction.
Il s’agit donc clairement d’un choix délibéré de la MEL et non pas d’une décision prise sous la contrainte.
