Métropole de Lille : 43 expulsions en 2025, peu de solutions pour se reloger

Les institutions publiques proposent toujours très peu de solution de relogement pérenne aux personnes vivant dans des tentes, caravanes et bidonvilles, mais les expulsions se poursuivent dans l’agglomération de Lille. C’est le constat global dressé par le dernier rapport de l’Observatoire des expulsions des lieux de vie informels.

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Être expulsé de son lieu de vie, c’est être empêché d’accéder à des besoins et services essentiels comme la santé, l’éducation, l’emploi et le logement.

43expulsions en 2025

recensées dans la métropole lilloise par l’Observatoire des expulsions des lieux de vie informels.

dans la métropole lilloise en 2025, selon le dernier rapport de l’Observatoire des expulsions des lieux de vie informels.

Ces lieux de vie informels sont des habitats précaires en dehors du cadre juridique. Soit plusieurs dizaines de personnes impactées directement, avec des conséquences immédiates sur leur vie. Leur santé mentale et physique est touchée et les parcours de soin sont rompus. L’accès à l’emploi et à la scolarité devient plus difficile. Sans compter les pertes matérielles occasionnées par les destructions d’abris qui suivent généralement les expulsions.

Un départ imposé, rarement un relogement durable

Mais surtout, ces obligations de quitter son foyer ne s’accompagnent que très rarement de solution pérenne de relogement.

« La norme, c’est qu’il n’y a pas de solution qui est proposée, même s’il y a quelques signaux positifs avec le nouveau préfet. »

Isabelle Fourot — directrice de l’agence Hauts-de-France de la Fondation pour le Logement

« Ce que fait la préfecture, souvent, c’est qu’elle propose à quelques personnes, avec des enfants en très bas âge ou des gros soucis de santé, trois nuitées hôtelières », dénonce Isabelle Fourot.

Pourtant, on dénombre (seulement) un millier de personnes habitant dans des lieux de vie informels dans l’agglomération lilloise, sans « flux important de personnes, ce qui devrait permettre de penser à des solutions durables pour arriver sur un objectif de zéro bidonville », poursuit-elle.

Des expulsions à répétition qui entretiennent l’errance

Or, des expulsions à répétition peuvent conduire à une situation d’errance. C’est notamment le cas d’une famille originaire de Roumanie qui n’a toujours pas de solution de logement durable depuis son arrivée en France en 2009, comme le révèle le rapport.

Ses membres ont connu 12 expulsions et enchaînent les habitats précaires depuis 17 ans, ce qui les pousse vers l’exclusion sociale.

Les rédacteur·ices de l’étude pointent également les violences subies par les habitant·es expulsé·es. Elles peuvent être physiques et verbales, notamment de la part des forces de l’ordre chargées des procédures par les préfectures : « menaces, intimidations, moqueries, insultes, propos dégradants et/ou racistes ».

Les personnes concernées sont aussi soumises à un stress permanent car très rarement prévenues avant les interventions des forces de l’ordre « souvent très matinales », note Isabelle Fourot.

Contactée, la préfecture du Nord n’a pas donné suite à notre demande d’interview.

Des propositions pour faire respecter les droits des habitant·es

Face à l’absence de politique publique de résorption de ces habitats, les rédacteur·ices formulent de nombreuses propositions dans une charte « pour le respect des droits et de la dignité des habitant·es de lieux de vie informels ».

Parmi elles : l’obligation de réaliser un diagnostic social avant les expulsions ou encore le droit de contester une décision d’expulsion. Un travail réalisé par des associations dans l’attente d’une réelle prise en charge du sujet par les institutions.

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